Je travaille sur la création et avec Clair Jaz pour la mise en scène de mon projet. J’ai eu envie de vous raconter comment ça se passe, sans artifice, sans pudeur, maladresses et imperfections incluses. Bientôt, il y aura aussi une vidéo qui s’appelle La Morissette en 30 secondes ! Ça, c’est 30 secondes extraites de nos répètes, de notre processus de création. 

Allez, c’est parti !!

Première séance :

Mais au secours !! Qu’est ce que c’était pénible !!
Je voudrais tant vous dire : c’est génial, mais quelle chance. A quel point je me rends compte que je suis extraordinaire et que j’ai du métier…Et non… 
Vous allez sans doute penser que je suis devenue parisienne puisque je commence ce blog par une bonne dose de râlage en règle. Ben oui, peut-être que Paris reine des râleuses, professionnelle de la grisaille émotive déteint sur moé. 
Mais ostie. (putain en français de France ). Je sacre pas par écrit d’habitude même si dans l’parler je me lâche parfois. Ma langue est imprudente parce que je m’apprête à être impolie scéniquement. Et j’ai besoin de cesser de m’excuser. 

Premier exercice de la journée : dire un texte de chanson sans chanter ni jouer du piano. Se sentir tout nu. Faire l’exercice et en même temps penser à diverses façons de se suicider : Aller aux toilettes et se foutre dehors par la fenêtre du troisième étage, sortir et mourir intoxiquée par la pollution parisienne ou faire semblant de s’évanouir subitement et malheureusement…ne pas pouvoir faire l’exercice. 
J’avais le goût de dire au monde entier qui était visiblement absent ce jour là…me voici debout, affirmée et regardez bien mon air de toute, je suis solide…ah oui…! Ben non…!
J’ai hésité, j’ai été mauvaise, j’ai sonné faux j’ai été gênée puis jai re-hésité, re-été mauvaise re-sonné faux et j’ai ré-été gêné. Clair m’a dit que ça c’était amélioré, moi j’ai pensé, Clair c’est mal de mentir. 

Pour vous mette en contexte, je suis débarquée au Don Camilo par hasard, à la base je devais rester au Québec un mois de plus et je suis revenue à Paris finalement en avril dernier. Cette expérience qui a changé mon destin m’a fait m’interroger sur ce que je voulais vraiment faire. 
Quelques mois de scène plus tard, à force d’écouter les spectacles de mes compatriotes, j’ai l’impression d’être une météorite sur le bord d’exploser.
Quelque chose au fond du fond veut changer et ce quelque chose, je ne sais pas ce que c’est : Un animal a trois têtes, un fou mûr pour l’asile ou simplement juste une nouvelle forme d’art que je ne maîtrise pas trop pour l’instant…
Ça parle de tout mélanger ensemble, d’apprendre des nouveaux instruments, D’avoir un show plus rythmé qui percute, d’être drôle, plus drôle mais d’une façon personnelle…

Aujourd’hui, je me suis vraiment ennuyé de ma mère. J’avais envie qu’elle soit là pour pouvoir l’engueuler de m’avoir fait artiste au lieu de secrétaire en banlieue de Montréal ou éleveuse d’alpagas. 
Mais pourquoi cette foutue recherche d’idéal qui décape à l’eau javel ? Pourquoi cette envie qui me met à genoux chaque fois ? 

J’enfile donc mes bottes d’astronaute et ce costume trop grand pour moi et je vais visiter la lune même s’il fait -200 degrés que j’ai peur de manquer d’oxygène. 
Je sais que je vais finir par me tirer dans le « je veux vivre plus que tout » mais en attendant ça fait mal parce que ça fait nouveau et j’aime bien le confort, forcée d’avouer. 

Je me permets donc de râler comme une parisienne moyenne même si je précise qu’on me répond toujours en anglais à la pharmacie…

 

Et notez bien que : 

Je suis « je vous aime »

Je suis « je vous déteste » 

Mais qu’au final, je suis je m’en fous parce que sinon je ne serai jamais vraiment moi.